Exercice d'autoévaluation
FINALITÉ DE L’EXERCICE :
Évaluer avec justesse nos propres qualités résulte
d’une connaissance de soi assez poussée. S’estimer soi-même à sa
juste valeur est difficile, n’est-ce pas ? Dans l’absolu, c’est
même impossible. Il me paraît pourtant important, très
important d’essayer, de tâtonner et de risquer de se tromper.
Au moins une fois dans sa vie, bien que je recommande de le faire assez
régulièrement. Peut-être un peu moins souvent que de
se laver les dents, mais cette hygiène-la éviterait bien
des caries psychosociales, existentielles même.
Un exemple de « carie » ? La susceptibilité. Peut-on
formuler l’hypothèse qu’une personne est moins réceptive
(voire intolérante) à la critique (mise en cause d’une
qualité) si cette personne se reconnaît peu ou pas du tout
de qualités. Peut-on formuler cette autre hypothèse qu’il
y a un lien de cause à effet et même un lien de proportionnalité entre
l’inaptitude à s’estimer soi-même et le besoin
d’être estimé par les autres ?
Si vous souhaitez voir
diminuer votre dépendance au regard des
autres, si vous voulez être plus libre du jugement d’autrui,
alors il se peut que cet exercice vous rende moins dépendant et
craintif, plus confiant et audacieux. Se faisant, il se peut que
cela change un peu ou beaucoup votre vie sociale, votre vie tout
court.
Il se peut que cet exercice soit psychiquement assez éprouvant.
La difficulté à se reconnaître des qualités
est d’autant plus grande qu’elle se heurte au tabou de l’estime
de soi. Souvent notre société ne fait pas de cadeau à ceux
qui osent penser et dire du bien d’eux-mêmes. « La » morale
est passée par là et les concepts d’orgueil, de vanité,
de nombrilisme… ont fait leur œuvre simpliste de sape. Pourquoi
ne pas prendre le temps enfin de se demander de quoi nous sommes faits
et plus particulièrement quelles qualités embellissent, valorisent
notre être ?
É tonnantes toutes ces allusions visant à ironiser, railler nos tentatives
pour acquérir une base narcissique suffisamment stable et ainsi
aborder la vie sans complexe ? Chacun jugera.
Alors, voilà l’offre ! Vous prenez le temps qui vous semble
juste pour cette introspection qualitative et quantitative. Quelles qualités
vous reconnaissez ? Et dans quelle mesure ?
MODALITÉS DE L’EXERCICE :
L’idée de cet exercice m’est venue du fait que, pour
travailler sur l’estime de soi, à un certain stade du travail
il est précieux d’aborder le délicat sujet de ses propres
qualités. Or, mon expérience montre que face à la
question « Quelles sont les qualités que vous vous reconnaissez
? », la plupart des gens est scotchée, parfois paralysée
de partir de rien. La page blanche est inquiétante, parfois angoissante.
Pour vaincre cette inertie, trois possibilités vous sont présentées
ici. N’hésitez pas à choisir celle qui semble convenir
le mieux à votre personnalité. Dans l’absolu, je ne
pense pas qu’il y en ait une meilleure qu’une autre.
Découvrez
ces 3 exercices et choisissez celui qui vous convient le mieux en téléchargeant
le fichier PDF "Estime de Soi"
360°
La boucle du 360° :
Bien que la Terre ne fût pas moins ronde au Moyen Âge que
maintenant, il arrive que plusieurs subjectivités rapprochent de
l’objectivité. Voilà pourquoi plusieurs regards valent
parfois mieux qu’un seul.
Votre jugement est essentiel. Celui des
autres est utile, précieux
même. Pourtant, il ne doit pas remplacer le vôtre mais le compléter
de façon nourrissante.
Si vous optez pour boucler la boucle en partant de vous, en allant
vers l’autre pour revenir à vous-même, alors je vous suggère
de respecter cette chronologie :
- Ne cédez jamais à la tentation de commencer par les autres
! Faites d’abord cet important mais salvateur effort de la solitude.
Répondez en premier à ce questionnaire sans la moindre interaction
avec autrui.
- De la même façon, quand vous aurez fini ce travail d’autoévaluation,
si vous voulez solliciter quelqu’un pour qu’il vous évalue à son
tour, ne lui laissez pas connaître la moindre information sur vos
réponses. Personne ne doit influencer personne dans les réponses
au questionnaire.
A qui confier cette délicate tâche de « jugement » ?
A
priori à quelqu’un dont vous pensez qu’il ou elle
vous connaît bien. Mais pourquoi ne pas multiplier l’exercice
plusieurs fois avec des personnes moins proches.
Il est tentant de confier cette tâche à quelqu’un qui
se voudra rassurant. Nous sommes nombreux à nous sentir fragiles
en termes d’image. Et les personnes bienveillantes à notre égard
ne veulent pas nous blesser. Hélas, cette « gentille » complaisance
n’aide pas à mieux se connaître. Vous gagnerez peut-être à réclamer
courageusement cette sincérité à votre « partenaire » ou
bien à lui faire lire ce texte d’introduction.
Inversement, ne tombez pas dans le piège de demander à quelqu’un
de vous rendre ce service si cette personne est susceptible d’en
faire un enjeu de pouvoir. Considérez que si vous n’avez jamais
(ou rarement) osé demander à quelqu’un ce qu’il
ou elle apprécie de vous, c’est peut-être que la réponse
vous faisait peur.
Ne soyez donc pas une proie facile pour les manipulateurs !
Et puis, je ne résiste pas à vous suggérer de faire
cet exercice dans une dynamique de réciprocité. Il me semble
qu’il y a de beaux germes de complicité à faire à deux
ou trois (ou plus ?) cet exercice dans les deux sens. J’évalue
mes qualités ; tu évalues les tiennes. Puis ensuite, j’évalue
tes qualités ; tu évalues les miennes. Tout ceci, de façon
solitaire. Ce n’est qu’après que nous pourrons comparer
nos perceptions.
Les écarts entre l’auto-évaluation et l’évaluation
par autrui :
Il se peut qu’un manque d’estime de soi vous conduise à minimiser
certaines de vos qualités. Si d’autres ne la minimisent pas,
alors vous aurez matière à mettre en cause votre estimation.
Ce sera alors peut-être pour vous l’occasion de débattre
seul ou à plusieurs sur la ou les qualité(s) concernée(s).
On peut espérer de cette réflexion partagée un gain
de confiance en soi.
Il se peut qu’un phénomène compensateur vous conduise à surestimer
certaines de vos qualités. Un des risques de l’exercice est
que l’écart montre que l’(-es) autre(s) estime(-nt)
plus bas que vous une de vos qualités. Cet écart peut être
contrariant, voire douloureux puisque nous craignons souvent les jugements
critiques qui semblent nous déprécier. Ce possible désagrément
devrait être contrebalancé par la découverte des qualités
qu’on a sous-estimées. Mais…
Ce deuxième exercice (d’estimation par autrui) est loin d’être
neutre sur le plan psychoaffectif. J’ose même dire que je le
trouve potentiellement dangereux. Il se peut qu’il déclenche
une instabilité. Certains pourraient ne pas savoir comment exploiter
ce nécessaire et provisoire déséquilibre.
Sans vouloir décourager quiconque de faire cet exercice, je préfère
mettre en garde plutôt que de minimiser le risque.
Pour les personnes les plus fragiles, il est peut-être nécessaire
de se confier à un professionnel de son projet d’utiliser
cet outil.
Et les défauts alors ?!...
La connaissance de soi ne se limite pas à l’identification
de ses propres qualités. J’ai conçu ces exercices pour
aider les gens à prendre confiance en eux-mêmes. Voilà pourquoi
je m’en tiendrai pour l’instant à la conscience du positif.
Cela demande une bonne dose d’estime de soi pour recevoir sereinement
la critique « négative ».
Il se peut que je présente prochainement à ceux que cela
intéresse, une liste semblable avec seulement des défauts.
Non pas pour les masochistes mais plutôt pour ceux qui veulent courageusement
faire face à ce qui leur déplait en eux, dans le but de s’améliorer.
Une
conscience juste de nos forces et nos faiblesses est un atout majeur
pour aborder la vie avec audace et prudence. Le positif sans le négatif,
de même que l’inverse, sont tous deux une grave source de déséquilibre
psychologique et social.