Je crée



Créer, partir de l’existant pour faire exister ce qui n’existait pas. Waouhhh ! J’adore ça.
Depuis tout petit, j’aime créer. Je crois que tous les enfants ont cette pulsion créatrice. Elle est hélas souvent et précocement contrariée par des maladresses éducatives, mais elle est là depuis toujours en nous, cette inclinaison naturelle à s’exprimer et engendrer du nouveau. Elle est encore là, même après quelques décennies de censure. Même étouffée depuis longtemps, elle est là en attente, haletante tel le bel hautbois dormant.

« J’aurais voulu être un artiste… », j’ai de la peine pour ceux qui chantent ce regret-là, honteux de leur filet de voix. Bien qu’étant loin de maîtriser une quelconque discipline artistique, je me sens profondément artiste. Trop souvent, j’entends dire « J’aurais aimé faire du piano », « Ah, si seulement on m’avait mis au conservatoire ! », « Qu’est-ce que ça doit être chouette de peindre ! » … Je ne cache pas un certain agacement aussi pour ceux qui sous-entendent qu’ils n’ont pas eu de chance ou bien que c’est trop tard ou bien qu’ils n’ont pas le temps. Je ne nie pas la difficulté à s’y mettre quand on a grandi dans un environnement où toute tentative de création était sanctionnée par des moqueries imbéciles. Mais il y a un temps pour se libérer des entraves du passé.

Je connais peu de sources d’épanouissement aussi profondes qu’une activité créatrice. J’inclus là toutes formes de création, de l’invention industrielle à l’usage ludique d’un néologisme, d’une petite touche personnelle apportée à une recette de cuisine au trait d’esprit opportuniste improvisé lors d’une discussion… Innover me semble une voie royale qui mène à la réalisation de soi. Dommage que nos sociétés sacralisent tant l’art en affirmant de façon péremptoire ce qu’il est et ce qu’il n’est pas ! Cet élitisme est castrateur. Il tend à faire de nous des admirateurs complexés. Ce n’est pas dénué de charme… Mais quel gâchis !

« Les grands ne nous paraissent grands que parce que nous sommes à genoux. Levons-nous ! »

Mes bien chers frères, mes bien chères çœurs, reprenez Ravec moi tous en choeur...

Allons enfants de la Fratrie !
Le jour de l’Art est arrivé.
Contre nous de la tyrannie
Les temps d’art sans glands élevés
(castration oblige !)
Entendez-vous ceux qui s’éloignent
Et qui nous traitaient de fadas ?
Ils venaient jusque dans nos draps
Missionnaires, con fesser nos compagnes.

Aux arts, citoyens ! Prenez vos beaux crayons !
Créons, osons !
Qu’aucune censure n’étouffe nos brouillons !

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