Des Chansons

 

Je m'aime (2004)

L’amour de soi… vraiment, ça ne va pas de soi.
Et si ça n’y va pas… Tiens ! Peut-être bien que ça en vient.


Y a-t-il du mal à se faire du bien ?
Est-ce plus animal ou humain ?
Pas besoin d’être en tandem pour se dire je t’aime !
Est-ce que je blasphème si je pense, si je dis « Je m’aime » ?


Qu’est-ce que je risque à m’assumer auto-aimant ?
Railleries et quolibets… Passer pour un dément
Agacer les bonnes gens… Ils en sont convaincus :
Faut pas p éter plus haut que son cul !
Mais la rock’n’folle altitude… La bonne hauteur pour péter
Y a pas besoin de faire des études, pour savoir bien la calculer
C’est ni plus haut, c’est ni plus bas, que Dame Nature dans sa grande sagesse
Nous a mis dans le baba, ce p’tit trou qu’on a entre les fesses.
Qu’est-ce que je bafoue si je me souris ?
Suis-je fou si de moi je me nourris ?
Pas besoin d’être en tandem pour se dire je t’aime !
Est-ce que je blasphème si je pense, si je dis « Je m’aime » ?
Quel danger y a-t-il à voir en soi du bien ?
Narcisse est mort noyé… Jésus dit : Aime ton prochain !
Mais qui doit-on aimer ? Puis-je être le prochain de moi-même ?
Dieu le Fils, s ’aimait-il lui-même ?
Alors, aimons-nous les uns les uns, tout comme Il s’est aimé
Non, ce n’est pas si zinzin, que soi, on puisse s’aimer
Délivrons-nous du mal ! De tous ces satanés complexes
Qui rendent trop banal, que pour un rien, on se vexe.
Qu’est-ce que je transgresse si je me caresse ?
Si c’t’à moi qu’j’adresse un peu de tendresse ?
Pas besoin d’être en tandem pour se dire je t’aime !
Est-ce que je blasphème si je pense, si je dis « Je m’aime » ?
Dans l’arène, on a posé un anathème.
La morale prétend qu’on n’peut pas dire « je m’aime ».
Tout comme un bon chrétien… dévoré par les lions
L ’ego qui est le tien… est bouffé par la religion.
Mais pour aimer d’amour… oui, pour aimer vraiment
Oui pour aimer un jour… donner d’un cœur aimant,
Aimer de toute beauté… quelqu’un d’autre que soi,
Tu dois te dorloter… pour donner c’qu’y a d’meilleur en toi.
Qu’est-ce que tu transgresses si tu te caresses ?
Si c’t’à toi qu’t’adresses un peu de tendresse ?
Pas besoin d’être en tandem pour se dire je t’aime !
Est-ce que tu blasphèmes si tu penses, si tu dis « Je m’aime » ?
Paroles et musique Notre-Dame du Cruet, été 2004
Tous droits réservés par Hervé Magnin (auteur, compositeur)
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Titille la vie (2001)

Tililili Titille la vie ! Donne-lui envie d’t’aimer
Tes rêves inassouvis qui sentent le renfermé
Pourquoi les réprimer ? P’t’êtr’ ben qu’t’en as bavé
Mais si ça continue, si t’as plus l’goût à rien
Si l’bonheur, tu crois qu’t’en es privé
Condamné, galérien
J’dis qu’si t’as pris perpète, c’est dans ta tête.

Alors, bouge ton cul ! C’est pas foutu. Crois en toi !
Fais tomber les remparts ! Prends un nouveau départ !
Subir ou bien agir, faudra choisir
C’est quoi ton choix ?
Dis-moi ! Dis-toi !


Tililili Titille la vie ! Elle aime qu’on la caresse
Sans aucun préavis, mets-lui la main aux fesses !
Mets-y toute ta tendresse !
Donne-toi une chance de plus !
Ce qu’il te faut, loser, c’est un électrochoc
Si t’es coincé dans les starting-blocks
Croyant qu’y a plus d’issue
Délace tes pompes et continue pieds nus !

Allez, bouge ton cul ! Ne t’avoue pas vaincu ! Crois en toi !
Fais tomber les remparts ! Prends un nouveau départ !
Subir ou bien agir, faudra choisir
C’est quoi ton choix ?
Dis-moi ! Dis-toi !


Tililili Titille la vie ! Joue-lui clito-banjo !
Fais la nique à l’ennui ! Sois un peu plus barjo,
Goûte à de sages folies ! C’est le conseil d’un fou
C’est vrai : de quoi j’me mêle ? Tu n’m’as rien demandé
Mais j’te crois pas quand tu dis qu’tu t’en fous
Ton cœur n’est pas blindé.
Du moins, pas encore ; alors…

Remue ton popotin ! S’il te plaît, ne te crois pas éteint !
Mais réveille-toi !
Fais tomber les remparts ! Si tu veux partir, pars !
Subir ou bien agir, faudra choisir
Perds pas trop de temps à faire ton choix ! Aide-toi ! Aime-toi !


Musique : Saint-François Longchamp, 1999
Paroles : Saint-Étienne de Cuines, mars 2001
Tous droits réservés par Hervé Magnin (auteur, compositeur)
 


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Le temps est-il ? (1994)

Ami, ce que j'ai à te dire, c'est à la croisée des chemins
Qu'il convient, je crois, de le saisir. J'hésite ... et je touche ta main
Je perçois l'invite à me taire et j'ai l'impulsion de parler
De ces deux intimes adversaires, je ne sais qui va l'emporter
Si seulement j'étais sûr d'avoir raison
Si ma raison prévalait la tienne
Comment ne pas me tromper de saison ?
Le temps est-il à délier tes chaînes ?


Où y' a de la chaîne, y' a pas de plaisir. OK, j'en fais peut-être un peu trop
Mais pour satisfaire tes désirs, plus le temps passe et plus il t'en faut
Entre un peu plus de la même chose et une amère résignation
Une camisole de satin rose n'a pas l'apparence d'une prison
Si j'ai l'orgueil de croire que j'ai raison
Ma raison ne prévaut pas la tienne
Et si je m'étais trompé de saison
Le temps est-il à délier tes chaînes ?

Pourtant je vois sur ton visage, par-delà un sourire complaisant
L'annonce d'un heureux présage d'adieu à tous les soi-disant
Tu verras, l'apparence cédera le pas à la danse de la transparence
Tu connaîtras la transe de ce nouveau pas au rythme de la transcendance
Et j’ai parfois besoin de croire que j'ai raison
Même si ma raison ne prévaut pas la tienne
Comment ne pas me tromper de saison ?
Le temps est-il à délier tes chaînes ?

Pourtant j'entends dans tes silences l'appel urgent du fond de toi
A bousculer tes évidences et à brûler ce trop vieux bois
Tu verras que ce que tu crois n'a que rarement le goût de ce qui est
Et que les credo et les croix crucifient l'essence du vrai
Et si je crois que j'ai raison
Alors que valent ma raison et la tienne ?
Et si je m'étais trompé de saison
Le temps est-il à délier tes chaînes ?


Mais de quel droit je rogne tes maillons ? J'ai tant à faire avec mes propres chaînes
Moi, l'empêcheur de tourner en rond, mais quand les ronds ronronnent, ça me gêne
OK, je m'occupe de mes oignons, mais je les éplucherai sous l'eau
Mon dîner ne sera pas moins bon si je m'épargne quelques sanglots
Mais j'ai parfois l'audace de croire que j'ai raison
Que ma raison prévaut la tienne
Et si je baigne dans l'illusion
Alors le temps n'est pas à délier tes chaînes


Mais ouvrons les yeux et nous verrons qu'il est grand temps
Mon ami, mon amour, moi-même
De croquer dans la vie à pleines dents
Et d'enfin délier nos chaînes
Et je vois bien qu'il est trop tard pour ne plus voir
Ne plus sentir ce qui en nous vibre
Que d'être heureux est un devoir
Et que nous sommes condamnés à être libres
Et qu’être libre est un pouvoir
Qui donne encore plus envie de vivre


Paris, automne 1994
Tous droits réservés par Hervé MAGNIN (auteur)
et Hervé Magnin et Didier ZAFRAN (compositeurs)


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Le papillon-tortue (1993)

 

Il y a bien longtemps, ma maman, lentement
Mon papa, voletant, unissaient les éléments
Terre et ciel harmonisant, des rythmes différents
Oui mais jamais à contretemps
Cette union farfelue, cet amour imprévu
Allaient donner un hybride inconnu

Né d'un papapillon et d'une mamantortue
Je suis un papillon-tortue


Dis-moi maman pourquoi, dis-moi papa comment
A-t-on besoin d'un toit qui n'est jamais changeant
Qui reste au même endroit, mais le monde est si grand
Si j'ai le choix, je pars maintenant
On a plus souvent qu'on croit le choix de son fardeau
Alors j'ai mis ma maison sur mon dos

Né d'un papapillon et d'une mamantortue
Je suis un papillon-tortue


Dis-moi papapillon, dis-moi mamantortue
Mais, qu'est-ce que nous cherchons, y'a tant de gens perdus
" Répondre à tes questions nous paraît bien ardu,
La route est longue et parfois biscornue"
Et dans les droits sillons et les chemins tordus
J'me suis trouvé là où j'me croyais perdu

Né d'un papapillon et d'une mamantortue
Je suis un papillon-tortue


Voilà maman pourquoi, voilà papa comment
S'est profilé devant moi un destin passionnant
Dans mon coeur j'ai la foi, cet amour transcendant
Qui coule en moi comme l'eau d'un torrent
Et quand il fait chaud dehors et que j'ai froid dedans
Je vais y tremper mes lèvres souvent

Né d'un papapillon et d'une mamantortue
Je suis un papillon-tortue


A courailler la planète, des images plein la tête
Des amours plein le cœur, des couleurs à l'intérieur
J'peux pas garder tout ça pour moi, ça ne m'appartient pas
J'ai bien plus de joie à partager avec toi
Et si un vent t'appelle, et si tu y prends goût
Ouvre tes ailes et mets tes deux pieds dans la boue !

Né d'un papapillon et d'une maman tortue
Tu seras un papillon-tortue


Mississipi, été 1988 – Normandie, juin 1993
Tous droits réservés par Hervé Magnin (auteur, compositeur)

 


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